Finale can Maroc : Le choc des lions

Le Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat,  sera très petit pour contenir son monde dimanche prochain.

Les deux pays Sénégal/ Maroc vont faire face pour la première fois de leur histoire en phase finale.

Le Sénégal veut décrocher son second titre après Yaoundé 2022.

Le Maroc qui coure depuis 50 ans derrière dame Coupe 1976 veut convoler en noce avec dame Coupe.

Les deux meilleures défenses Sénégal ( deux buts encaissés), Maroc ( un but encaissé) ,  du tournoi vont croiser le fer.

Auteur d’un tournoi solide, pragmatique et clinique, le Sénégal s’est défait de cinq équipes.Les lions ont enregistré au passage un nul en 6 matchs.

Monstrueux les attaquants ont violé 12 fois les cages adverses.

Moins prolifique que Sénégal, le Maroc a construit sa qualification autour d’un axe central dynamique très solide.

Le Maroc s’est défait de ses adversaires enregistrant au passage quatre victoires et d’un nul sans compter la 1/2 finale sanctionnée d’un nul blanc après 120 mn de jeu avant de recourir aux tirs au but.

Fins stratèges Pape Thiaw et Walid Regragui varient souvent leur système de jeu suivant le mécanisme opératoire adverse.

Adepte du jeu fluide

Sénégal

Structuré autour du 4 – 3 – 3 fluide, le système s’est souvent mû en 4 – 2 – 3 – 1 .

Très pragmatiques avec ce système modulable, les hommes de Pape Thiaw ont été très solides dans les transitions défensives affichant une efficacité garantie dans les transitions offensives.

Quand le Sénégal déroule comme à son habitude, l’évolution se fait autour d’un bloc moyen. Les latéraux montent. Les ailiers  permutent.

Très vivace, l’avant centre fixe la défense.

En phase défensive, un pressing coordonné et exercé en cas de perte de  balle  sur le porteur du ballon.

Le bloc compact 4-5-1/4-4-2,  impériale autour de l’axe central assure le service et  » cisaille « les voies menant à Edouard Mendy qui peut étaler tranquillement sa natte ou chauffer le thé pour des clean sheat.

L’entonoir du milieu bien assis équilibre parfaitement le projet de jeu aspirant.

Variations notées match après match

En phase de groupe

Botswana le rouleau compresseur sans pitié 3  – 0

Pressing haut constant pour étouffer dès la relance. Latéraux très offensifs coulissent pour centrer Ils ont été  décisifs . La domination a été totale.

Système de départ 4 – 3 – 3

Reconfiguration : Après ouverture score (Jackson), évolution en 4-2-3-1 pour gérer l’avance, mais vulnérabilité en transition défensive (but botswanais sur perte haute). Les entrées de Camara et Sarr (60e) apporte de la fraîcheur et de l’intensité.

Contre RD Congo match nul des léopards tenaces ( 1 – 1 )

Bloc haut pour dominer, malheureusement face à bloc congolais compact, les lignes de passe sont fermées.Ce qui rend la progression difficile.Impossible d’etirer le bloc. Peu de frappes de loin en 1re période.

Système de départ 4 – 3 – 3

L’entrée Lamine Camara (55e) pour plus de volume et intensité apporte un tonus.Le pressing dévient plus haut. On récupére dans le camp adverse. Résultat final match nul malgré la domination. Les congolais reviennent au score sur un contre.Ce qui affiche notre vulnérabilité des espaces libérés à chaque attaque lenteur de revenir malgré l’agilité , la souplesse et la rigueur de Krepin Diatta.

Bénin sévèrement puni 3 – 0

Copie identique face au Botswana.

Système de départ 4 – 3 – 3

Domination territoriale.

Pour contrer le bloc du Bénin, le Sénégal a utilisé une structure de relance en « boîte » .

Le double pivot se place devant la défense pour assurer la circulation du ballon et protéger l’axe.

L’animation se fait autour du 3  – 2  – 4 -1 parfois 3 – 2 – 5 C’est là que le système devient impressionnant. En phase de possession haute, le Sénégal aligne quasiment 5 joueurs sur la ligne d’attaque pour étirer la défense béninoise .

Avec l’apport des pistons Sadio devient libre.

Mali courcuite sur le score étriqué 1 – 0

Obligé d’adapter son fameux 3-2-4-1 pour ne pas se faire submerger par le milieu bien structuré du Mali organisé autour d’un  4-3-1-2 avec un milieu en losange évolutif en 4-3-3  de temps à autre , le Sénégal s’est complètement métamorphosé pour gagner la bataille du milieu.

Système de départ 4 – 3 – 3

Très discipliné dans les replis autour du 5 – 4 – 1 , le Sénégal a souvent accepté de laisser le ballon aux défenseurs centraux maliens pour mieux fermer les lignes de passes vers leurs attaquants.

C’est avec l’exploitation des 1/ 2 espaces axé autour du 3 – 2 – 5 très offensif que les lions ont été efficaces.

2° pivot lors des phrases de relance, Pape Matar Sarr montait d’un cran pour devenir un troisième « 10 » lors des phases de pressing, transformant le système en 3-1-5-1 pour étouffer la première relance malienne.

Les pharaons s’affaissent 1 – 0

Pour Ferrer et mettre dans la nasse Mohamed Salah et la rigueur du bloc Égyptien, le Sénégal est retourné à l’orthodoxie avec ses 4 défenseurs. Et le passage au 4 – 4 – 2 densifiant l’axe en phase défensive.

Dès que l’Égypte avait le ballon, le bloc sénégalais se transformait instantanément.

Gana était repositionné dans un rôle de sentinelle pure, collé au meneur de jeu égyptien Emam Ashour pour couper les circuits de transmission.

Jackson est souvent redescendu pour former une première ligne de pression avec Sadio Mané (en 4-4-2), empêchant la défense égyptienne de relancer proprement.

Libéré des travaux de couloir par le système à 4  , Sadio dézonne pour naviguer sur toute la largeur.

La grande variation tactique a été l’intensité du pressing après perte de balle forçant du coup les Égyptiens à dégager en catastrophe.

Système de référence 3 – 2 – 4 – 1 ou 3 – 2  – 5

Adaptation de la médiane  , contrôle et densité Le 3-4-2-1 densité .

Retour au Pragmatisme sécurité maximale Le 4-3-3 / 4-4-2 .

Le bloc de fer, la variation Défensive , le 5-4-1 .

Le Sénégal de la CAN 2025 n’est plus une équipe qui impose un seul style, mais une équipe qui propose un problème différent à chaque adversaire.

En possession, le Sénégal occupe les 5 couloirs du terrain (3-2-5).

Sans ballon,  le Sénégal ferme les espaces de façon compacte (5-4-1 ou 4-4-2).

Cette intelligence tactique a été la véritable force des Lions, leur permettant de ne jamais être « lisibles » pour les analystes adverses. 

La prudence comme option tactique

Maroc

Sous la houlette de Walid Regragui , le « socle » du Mondial 2022 (solidité et transitions) est resté . L’intégration de nouveaux talents comme Brahim Díaz et Eliesse Ben Seghir a poussé les Lions de l’Atlas à devenir une équipe beaucoup plus portée sur la possession et la créativité.

Les lions de l’Atlas utilise la pointe basse pour rythmer et controler le match.

Sofyan Amrabat la sentinelle,  reste le régulateur devant la défense. Sa mission est de compenser les montées des latéraux et de casser les lignes adverses par ses passes verticales.

Il est devenu beaucoup plus créatif avec le duo  Azzedine Ounahi et  Brahim Díaz . Ils alternent entre les rôles de relayeur et de meneur de jeu.

Asymétriques, les latéraux Achraf Hakima  monte très haut pour devenir un ailier droit, tandis que le latéral gauche   Naoussair Mazraoui rentre à l’intérieur du terrain pour former un double pivot avec Amrabat.

On retrouve dès lors une ligne d’attaque composée de l’ailier gauche Ezzalzouli ou Adli, Brahim Díaz dans le demi-espace gauche, le buteur En-Nesyri ou Rahimi , Ounahi dans le demi-espace droit, et Hakimi collé à la ligne de touche à droite.

Ceci dans le souci permanent de créer un chaos par la permutation des positions, rendant le marquage individuel impossible pour l’adversaire.

Dans certains matchs où le Maroc avait besoin d’un lien plus direct entre le milieu et l’attaque, Regragui a basculé sur un 4-2-3-1 .Le tout axé sur la variation de Birahim Diaz.

Variations notées match par match

Comore 2 – 0

Face au bloc très regroupé des Comores, le Maroc a utilisé ses latéraux  Hakimi et Mazraoui comme des milieux intérieurs supplémentaires.

 Le jeu consistait à attirer les défenseurs comoriens sur les ailes pour libérer l’axe. Birahim Diaz jouait en « faux 10 », décrochant pour organiser le jeu et laisser En – Nesyri aspirer la défense centrale.

Mali la bataille des fourmis 1 – 1

Face à la densité technique du Mali, Regragui a associé Sofyan Amrabat à un profil plus physique Amir Richardson pour stabiliser l’axe.

Pour contrer le milieu en losange malien, le Maroc a délibérément abandonné la possession par séquences pour procéder en attaques rapides. C’est le match où le Maroc a montré sa capacité à souffrir sans rompre passant du 4 – 3  – 3 au 4 – 2 – 3 – 1 .

Zambie pulvérisée 3 – 0

En phase offensive, le Maroc passait dans une structure de type hybride 4  – 1 – 4 – 1 au 3-2-5. Un latéral Mazraoui restait avec les centraux, tandis que l’autre Hakimi montait au niveau des attaquants.

Ce système a permis d’étirer la défense zambienne sur toute la largeur. L’utilisation d’Ez Abde et de Ziyech sur les ailes a forcé la Zambie à ouvrir des brèches axiales exploitées par Ounahi.

Tanzanie pistons imbriqués 1 – 0

Match marqué par une possession lente et une circulation en « U » pour épuiser le bloc physique tanzanien.

La variation est venue de la liberté totale accordée à  Elisse Ben Seghir.Il permutait sans cesse avec l’ailier gauche, créant une surcharge cognitive pour les défenseurs adverses qui ne savaient plus qui marquer.

Cameroun le losange pour le paquetage

Regragui a utilisé un « bloc médian agressif ». Au lieu de presser haut, le Maroc attendait le Cameroun au rond-central pour déclencher des flèches dès la récupération. Le 4 – 1 – 4 – 1 passe au 4 – 4 – 2.

Birahim Diaz va été placé en soutien de Soufiane Rahimi . Ce duo très mobile a dynamité la défense centrale camerounaise, trop lourde pour suivre les appels croisés et les dribbles courts dans les petits espaces.

Nigéria le mur hermétique 0 – 0 TAB 4 – 2

Pour contrer la puissance de Victor Osimhen et la vitesse de Lookman, le Maroc a joué avec un bloc très bas.

Amrabat s’est transformé en troisième défenseur central par intermittence pour boucher les intervalles. Les ailes ont été verrouillées par un double marquage (Ailier + Latéral). Ce fut une variation purement défensive visant à emmener le match aux tirs au but, misant sur l’expérience de Yassine Bounou.

Le 4 – 3 – 3 se mû en 5 – 4 – 1.

1 – Le Système de Base préféré de Regragui Le 4-1-4-1 (ou 4-3-3 « Pointe basse » .

2 – La Variation Offensive de Regragui Le « Carré Créatif » (2-3-5 en phase d’attaque)

3 – La Variation « Brahim Díaz » : Le 4-2-3-1

5 – L’ADN Regragui  Le 4-5-1 « Bloc Médian » (Le Mur)

Le Maroc de 2025 est devenu une équipe beaucoup plus « caméléon ». Capable de tenir le ballon pendant 70% du temps avec une structure complexe, ou de subir pendant 90 minutes en restant imperméable. Cette capacité à changer de visage en plein match a été leur plus grand atout.

Le duel des systèmes de jeu des deux coaches sera déterminant pour l’issue de cette rencontre.

Mamadou. I. S. Niang

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