La CAF obligée  d’enterrer son bébé

Sans débat préalable, la CAF impose sa CAN quadriennale et sa Ligue des Nations à partir de 2029 .

Annoncée sans vraie concertation préalable avec les fédérations ni les gouvernements, cette réforme divise.

Des voix s’élèvent pour exiger plus de transparence sur le format de cette Ligue et ses véritables motivations  financières, calendaires ou concessions à la FIFA  .

La réforme fait grincer des dents.

Pilotée  par le haut entre Zurich et  Caire sans tenir compte des réalités de terrain des ministères des sports africains, qui sont pourtant ceux qui financent les stades et les déplacements des équipes cette réforme sucite d’énormes inquiétudes sur le sens , l’engagement et la motivation d’un tel sacrifice…

Le ministre des sports Gambien partisan d’une concertation autour des nouvelles réformes inattendues de la CAF

Le ministre des sports  de la Gambie Bakary Y Badji s’est prononcé ouvertement à l’issue du 8° Congrès de l’AIPS sur cette question.

 Une CAN Européenne contre une CAN Africaine ?

Là où les gouvernements et les fédérations africaines voient le football comme un outil de développement et de rayonnement national, la FIFA et la CAF voient le football comme un business qu’il faut rentabiliser en le rendant plus rare et plus sélectif .

La FIFA fait pression depuis 2020 pour que la CAN ne se joue que tous les 4 ans.

Pris au depourvu les ministres des sports africains sont complètement déboussolés.

Le manque de concertation est une volonté manifeste de mettre les responsables du foot africain devant les faits et les contraindre à consommer une telle recette de Gianni Infantino.

<< Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’en discuter au sein du gouvernement, car l’annonce a été faite de manière assez soudaine. Cela a été révélé lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Ni les ministres concernés, ni nous-mêmes n’avons pu nous concerter ni analyser en profondeur cette décision. Pour l’instant, nous ignorons les détails précis et les motivations réelles derrière ce changement.Ce que nous savons, c’est que la CAN se déroulera désormais tous les quatre ans >> explique le ministre gambien des sports.

La bonne gouvernance est devenue un vain mot structurel.

Même la nouvelle Ligue est devenue une équation à plusieurs inconnus.

Elle risque de favoriser seulement une dizaine de grands clubs au détriment de la majorité creusant ainsi l’écart avec les autres clubs du continent qui n’auront pas les moyens de participer.

<< D’après l’annonce, il semble que la CAN passe à un rythme différent, avec l’introduction d’une Ligue des Nations entre chaque édition.

Mais le format exact de cette nouvelle Ligue reste inconnu pour le moment.Du point de vue du gouvernement, cette évolution pourrait être bien accueillie, car organiser une CAN coûte extrêmement cher. De nombreux pays africains ont du mal à assumer ces dépenses tous les deux ans. Introduire une Ligue intermédiaire et espacer les CAN pourrait donc alléger la charge financière .

Cependant, le vrai débat porte sur le format de cette Ligue et son impact sur les compétitions sous-régionales existantes.>> relate le ministre Gambien Bakary Y Badji.

Cela ne se fera pas sans conséquences sur l’avenir de nos joueurs locaux contrairement avec ce qui se faisait de mieux avec la CHAN << Si cela perturbe gravement ces tournois, cela créera forcément des problèmes. Par exemple, si nos athlètes (joueurs locaux) se retrouvent sans compétition majeure pendant quatre ans, ce serait une perte énorme pour leur développement et pour le football national.>>

Au prix d’une relation apaisée avec les clubs européenns, repenser le calendrier du foot africain devient un impératif pour Motsepe et Gianni Infantino.

Libérer les joueurs africains de plus en plus nombreux dans le championnat européen est devenu un casse tête chinois, une hémorragie qu’il faut arrêter à tout prix .

Les africains disciplinés sont compensés par une Ligue tous les deux ans

L’avis des signes fils africains sur la question est prépondérant .<< Comme je l’ai dit, nous devons d’abord obtenir toutes les informations précises : les tenants et aboutissants, le calendrier détaillé, les implications concrètes. Sans cela, il est très difficile de se prononcer de manière éclairée.Si, au final, ce format s’avère défavorable à nos joueurs locaux ou à nos intérêts, le gouvernement en discutera directement avec la Fédération nationale. À ce moment-là, la Fédération pourra porter ces préoccupations auprès de la CAF. Car les discussions formelles se feront d’abord entre la CAF et les fédérations nationales.>>

Les discussions ont été limitées à un petit groupe au sein de l’ExCo, puis étendues aux 24 membres de ce comité.

sources: (Guardian, BBC..)

De nombreux présidents de fédérations nationales affirment n’avoir pas été informés.

<< Aucune fédération n’a consulté son gouvernement avant que cette décision ne soit annoncée publiquement. Nous avons tous découvert l’information en même temps que le grand public. Idéalement, une telle réforme majeure aurait dû faire l’objet de consultations préalables et d’échanges entre toutes les parties prenantes pour aboutir à la meilleure décision possible. Malheureusement, ce n’est pas ce qui s’est passé. >> précise Bakary Y Badji Ministre des sports de la gambie. Ceci en marge du 8° Congrès de la presse sportif africaine AIPS.

créée en 2009 , la CHAN disparue lors de sa dernière édition en 2023 a été supprimée depuis l’annonce en janvier 2026.Pas d’édition pour également 2027 et 2028.

Elle va regrouper 54 sélections. Et va se dérouler en autre zones géographique .

Aucune assemblée générale des 54 fédérations n’a été convoquée pour voter ou débattre formellement .Ce qui aurait pu être requis pour une réforme aussi profonde, selon certains critiques qui y voient une violation potentielle des statuts CAF.

La CAF serait elle devenue un sous fifre de la FIFA ?

Telle est la grande interrogation.

La jeunesse africaine doit elle croiser les doigts et rechigner, se courber l’échine ?

Mamadou. I. S. Niang

 

 

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