Basile Mané, la perle montante de l’arbitrage sénégalais

Désigné par Rugby Afrique pour officier lors de la CAN de Rugby à 7 (Ouganda 2026 / SVNS 3), Basile Mané considéré comme l’un des officiels les plus expérimentés du pays ,officie sur les grandes compétitions internationales

Son parcours  illustre une transition réussie du terrain de jeu vers l’arbitrage de haut niveau en Afrique .

Basile Mane le sifflet d’or du rugby sénégalais

L’art du sifflet en héritage et l’envolée continentale de Basile Mané

Présentation

Je m’appelle Basile Mané, j’ai 28 ans. Je mesure 1m75 pour 85 kg. Je suis professeur d’Éducation Physique et Sportive (EPS), formé à l’INSEPS, où j’ai également obtenu mon CAES.
J’ai commencé le rugby en 2012 comme joueur à la Maison du Rugby de Yoff, avant de m’orienter vers l’arbitrage en 2016. Depuis 2020, je suis arbitre international et je continue aujourd’hui à me former et à progresser au niveau international.

Tu as été joueur, notamment vice-champion du Sénégal avec l’INSEPS. Qu’est-ce qui t’a poussé à passer du maillot de joueur à celui d’arbitre ?

J’ai commencé le rugby comme joueur en 2012 à la Maison du Rugby de Yoff. J’ai connu beaucoup de belles expériences, notamment des titres avec Panthère de Yoff et un titre de vice-champion du Sénégal avec l’INSEPS. Mais en 2016, j’ai découvert l’arbitrage et j’ai rapidement compris que c’était une autre manière de vivre ma passion pour le rugby. J’aimais comprendre le jeu, prendre des décisions et avoir cette responsabilité sur le terrain. Petit à petit, l’arbitrage est devenu une véritable vocation.

Comment l’expérience de joueur sur le terrain t’aide-t-elle aujourd’hui à gérer les joueurs et la psychologie du jeu pendant un match ?

Mon expérience de joueur m’aide énormément. Je connais les émotions d’un joueur, la frustration après une décision, la pression d’un match important ou encore l’envie de défendre son équipe. Cela me permet de mieux comprendre les réactions des joueurs et de communiquer avec eux de manière adaptée. Mais une fois que je suis arbitre, je dois rester neutre et prendre les décisions qui sont justes pour le jeu.

Est-ce que le terrain ne te manque pas parfois, ou est-ce que le sifflet offre des adrénalines comparables ?

Bien sûr que parfois le terrain me manque. Quand on a été joueur, on garde toujours cette envie d’être au cœur de l’action. Mais l’arbitrage apporte aussi énormément d’adrénaline. Quand tu es au centre d’un match intense et que tu dois prendre une décision en quelques secondes, la pression est très forte. C’est une autre façon de vivre le rugby, mais avec autant de passion.

Chez les Mané à Yoff, le sport semble être une seconde nature. Comment ton environnement familial a-t-il façonné ton parcours ?

Ma famille a beaucoup contribué à mon parcours. À Yoff, j’ai grandi dans un environnement où le sport était très présent. C’est notamment en voyant mon frère Sylvain pratiquer le rugby que j’ai découvert et commencé à aimer ce sport. Ma famille m’a toujours encouragé à travailler, à rester humble et à aller au bout de mes objectifs. Aujourd’hui, tout ce que j’ai accompli, je le considère aussi comme une fierté familiale.

Ton frère Sylvain Emmanuel est aussi arbitre international. Quelle est votre relation ? Vous vous donnez des conseils, ou il y a une petite compétition amicale entre vous ?

Nous sommes avant tout des frères, donc il y a beaucoup de complicité. Nous échangeons régulièrement sur l’arbitrage et nous pouvons nous donner des conseils. Il y a forcément une petite compétition amicale entre nous, parce que chacun veut progresser et faire mieux, mais cela reste surtout une source de motivation. Je suis fier de son parcours et je pense que nous nous tirons mutuellement vers le haut.

Que représente le village de Yoff pour toi dans ton identité d’athlète et d’officiel ?

Yoff représente énormément pour moi. C’est là que tout a commencé. C’est là que j’ai découvert le rugby, que j’ai fait mes premiers pas comme joueur et que j’ai construit une grande partie de mon identité sportive. Quand je voyage pour représenter le Sénégal, je n’oublie jamais d’où je viens. Yoff fait partie de mon histoire et je veux toujours porter cette identité avec fierté.

Tu as été désigné par Rugby Afrique pour la CAN à 7 en Ouganda. Qu’as-tu ressenti au moment de recevoir cette convocation ?

C’était un moment de grande fierté et beaucoup d’émotion. Être désigné par Rugby Afrique pour une compétition continentale en Ouganda, c’était une reconnaissance du travail effectué pendant plusieurs années. Je savais aussi que je n’y allais pas seulement pour moi, mais pour représenter le Sénégal et montrer que nous avons des arbitres capables d’évoluer au niveau africain. C’était une grande responsabilité, mais surtout une grande motivation.

Quelles sont les principales exigences et les différences d’intensité entre officier dans le championnat national et sur la scène continentale ?

Au niveau continental, tout va plus vite. Les joueurs sont très athlétiques, les situations s’enchaînent rapidement et la moindre erreur peut avoir une grande conséquence. Il faut être physiquement prêt, avoir une très bonne connaissance des règles, être bien positionné et surtout communiquer efficacement. Il y a également une exigence de professionnalisme beaucoup plus importante, notamment parce qu’on travaille avec des arbitres et des équipes venant de différents pays.

Comment perçois-tu l’évolution et l’avenir de l’arbitrage sénégalais en Afrique ?

Je pense que l’arbitrage sénégalais a un très grand potentiel. Nous avons des arbitres qui travaillent sérieusement et qui commencent à être de plus en plus présents sur la scène africaine.

Dans notre parcours, notre formateur Issa a joué un rôle très important. Il nous a accompagnés, formés et transmis beaucoup de connaissances depuis nos débuts dans l’arbitrage. Son travail, ses conseils et son expérience ont largement contribué à notre progression.

Maintenant, il faut continuer à investir dans la formation, l’accompagnement et surtout donner davantage d’opportunités aux jeunes arbitres. Je pense que si nous continuons à travailler dans cette direction, le Sénégal peut avoir une place importante dans l’arbitrage africain.

Quels sont tes prochains objectifs sur le plan personnel et dans l’arbitrage ?

Mon premier objectif est de continuer à progresser. Je veux améliorer chaque aspect de mon arbitrage, notamment la gestion des rucks, des mêlées, le positionnement et la communication. Je souhaite également continuer à évoluer au niveau international et intégrer davantage les compétitions de Rugby Afrique.

Sur le plan personnel, je veux aussi continuer ma formation et mon parcours professionnel dans le sport, notamment comme éducateur et entraîneur.

Quel message ou conseil souhaites-tu transmettre aux jeunes de Yoff et du Sénégal qui hésitent à se lancer dans l’arbitrage ?

Je leur dirais de ne pas avoir peur de se lancer. L’arbitrage est parfois mal compris, mais c’est une véritable école de vie. Il permet de développer la confiance en soi, la responsabilité, la communication et la capacité à prendre des décisions sous pression.

Il faut accepter de commencer petit, apprendre de ses erreurs et travailler régulièrement. Moi-même, j’ai commencé à Yoff en 2016 et, avec du travail et de la persévérance, j’ai pu arriver jusqu’à une compétition continentale en Ouganda.

Il faut croire en soi, travailler, rester humble et surtout ne jamais oublier d’où l’on vient.

La passion pour l’arbitrage est une histoire de famille. Le sport est une véritable tradition chez les Mané de Yoff, en particulier le rugby et les arts martiaux. Basile Mané a de qui tenir.

Inspiré par son oncle Moustapha Mané, figure historique du rugby sénégalais, ancien international et éducateur, façonné par son grand frère Sylvain Emmanuel Mané, arbitre international à XV et à 7, et bercé par les réussites de ses cousins lutteurs, il s’est forgé mentalement et physiquement pour atteindre les cimes de l’arbitrage international.

Son élogieux parcours en atteste indubitablement.

   Mamadou. I.S.Niang

Votre commentaire