Le décryptage tactique de Georges Diaw

Éminent et fin tacticien du ballon rond, Georges Diaw est une tête pensante issue des rangs de l’armée. Cet officier au grade de capitaine du génie civil est devenu entraîneur à force d’exercer sur le terrain et de multiplier les formations diplômantes.

Devenu par la force des choses un œil acerbe, prisé et très réservé de l’espace technico-tactique, il tire ici les enseignements de l’échec actuel de l’équipe nationale et livre ses pistes de solutions pour la postérité.

Pape Thiaw est-il en train de saboter les Lions ?

Une évidence qui semble se vérifier avec Le Principe de Peter et le syndrome de l’incompétence

En management, on évoque souvent le Principe de Peter , un individu grimpe les échelons jusqu’à atteindre son niveau d’incompétence. C’est exactement ce qui semble guetter Pape Thiaw. Après avoir touché le sommet, refuser de redescendre ou vouloir forcer le destin mène inévitablement à une chute brutale. Une chute qui risque d’être fatale pour sa carrière à la tête de la sélection.

Au début, la motivation était là, portée par l’adrénaline des grands rendez-vous. Mais lorsque l’engagement personnel ne rencontre pas la reconnaissance ou le retour financier espéré de la part de la hiérarchie, la frustration s’installe. Les besoins de l’homme sont hiérarchisés (Loi de Maslow). Aujourd’hui, Pape Thiaw semble blasé, auto-suffisant face à ses résultats passés. Le coach mordant, affamé de gloire et de palmarès, a laissé place à une silhouette passive sur le banc. Ses réactions sont laconiques, son visage fermé. Quand l’équipe marque, il tourne le dos et s’assied. Quand elle encaisse, aucune réaction. L’attitude est pourtant le premier déterminant d’un grand entraîneur.

Le principe de peter est l’idée selon laquelle on serait toujours promu jusqu’à ce qu’on atteigne notre point d’incompétence .

Le football d’aujourd’hui a besoin de managers .Malheureusement ceux qui sont choisis à ce poste sont pour la plupart incompétents faute de formation typique .

Le cas des trentenaires : Un surplace dangereux pour l’avenir

Le sélectionneur a lui-même affirmé que des cadres comme Gana Gueye, Pape Gueye et Kalidou Koulibaly n’étaient pas prêts. Dans ce cas, pourquoi ne pas les mettre sur le banc ?

Si la transition ne s’opère pas dès maintenant avec la jeune génération, le football sénégalais devra bientôt repartir de zéro. Heureusement, le réservoir de jeunes talents est là pour reconstruire l’équipe, mais encore faut-il leur donner leur chance.

Contre la France, Kalidou Koulibaly aurait dû sortir bien plus tôt. Au lieu de cela, il joue 45 minutes et se retrouve impliqué sur les trois buts encaissés, ainsi que sur la blessure du gardien face à la Norvége . Ce manque de lucidité et ces choix tactiques douteux cachent un malaise plus profond , un contentieux financier et un problème d’ego avec la Fédération. Si le respect pour lui se jauge à l’aune d’un salaire supérieur à celui d’Aliou Cissé, alors il fait fausse route. Face à un tel constat, la démission reste la seule issue digne.

Les enjeux tactiques face à la Norvège et l’Irak

Le match le plus difficile c’était contre la Norvège, une équipe ultra-complète et solide dans tous ses compartiments. J’avais alerté tôt à ce sujet …

Quant à l’Irak, ce ne sera pas une partie de plaisir .Ils joueront pour l’honneur et pour arracher la troisième place.

Pour le Sénégal, le calcul est simple mais alarmant. Même avec 3 points, la qualification est loin d’être acquise. Nous sommes plus proches de l’élimination que du miracle, car il faudra figurer parmi les meilleurs troisièmes pour espérer passer. Sans victoire nette, impossible d’espérer. En refusant de sécuriser les 4 points nécessaires, Pape Thiaw nous a plombés.

La compo de la dernière chance : Oser le changement

Il ne s’agit pas de sacrifier définitivement nos cadres, mais d’ajuster l’équipe pour survivre. Pour le prochain match, voici l’architecture tactique idéale à proposer :

En défense , Intégrer d’entrée Mamadou Sarr dans l’axe et positionner Ismail Jakobs sur l’aile.Ce gosse l’allemagne avait besoin de lui , il a refusé <<Dara Fessoul Beutame >>

Au milieu , Installer un double pivot (deux sentinelles) avec Pathé Ciss pour stabiliser le bloc.

En attaque ,aligner Sadio Mané en pointe, soutenu par Ibrahima Mbaye.

Regarde comme Ibrahima Mbaye est motivé , Assane Diaw , il a des fourmis dans les jambes .

Assane Diaw et l’urgence Arona Sanganté

Le terrain ne ment pas, et la fraîcheur mentale est aujourd’hui du côté des nouveaux venus. Quand on voit la motivation d’un Ibrahima Mbaye ou l’énergie d’un Assane Diaw, qui a littéralement « des fourmis dans les jambes », on ne peut pas continuer à figer l’équipe avec des joueurs en méforme.

Le cas d’Arona Sanganté est, à ce titre, symptomatique des dysfonctionnements du staff. Cet enfant de Mbao , courtisé de près par la Guinée, se retrouve constamment bloqué, relégué au rang d’éternel joueur en attente. Pourtant, dans la hiérarchie actuelle et au vu de sa forme, Sanganté passe largement numéro un devant un Malang Sarr. Vouloir le restreindre ainsi, c’est prendre le risque de le perdre, alors qu’une équipe nationale digne de ce nom doit se construire sur le mérite et la réactivité .

Charnière centrale : L’évidence Niakhaté – Mamadou Sarr

Le football est aussi une affaire de destins croisés et de complémentarité. À Lyon, Moussa Niakhaté et Mamadou Sarr se sont brièvement croisés .

C’est précisément l’arrivée du premier qui a poussé le jeune Sarr à s’envoler vers Strasbourg pour exploser.

Aujourd’hui, alors que Kalidou Koulibaly doit impérativement souffler sur le banc, associer Niakhaté et Mamadou Sarr s’impose comme la meilleure paire possible pour sécuriser notre axe central. C’est une charnière moderne, alliant l’expérience du haut niveau et l’ambition d’un jeune défenseur en pleine ascension.

On ne peut plus se permettre de faire du surplace. Pour que les Lions gardent leur aura, la passation de pouvoir doit avoir lieu maintenant.

Son Éminence le polythechnicien Georges Diaw , par sa double posture de scientifique du génie et de stratège du terrain, nous rappelle une vérité fondamentale , une grande équipe ne se décrète pas sur les lauriers du passé, elle se bâtit dans le sang neuf et l’audace du présent.

Mamadou.I.S.Niang

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